Motion

Gilets jaunes

MOTION EN FAVEUR D’UNE ECOUTE DES « GILETS JAUNES » DÉPOSÉE PAR M. LE MAIRE

Depuis trois semaines, l’actualité française est dominée par des manifestations nombreuses et diverses qui traduisent un grand mal-être et une profonde inquiétude de la part de nos concitoyens.
La racine de ces maux repose notamment dans l’accumulation des mesures fiscales successives qui conduisent, en l’absence de contreparties clairement identifiées, à un profond sentiment de ras-le-bol, d’injustice fiscale et sociale.

Trois chiffres parmi d’autres doivent nous interpeller :

  • 48,4 % du PIB : record européen tous pays confondus pour les prélèvements obligatoires (à comparer avec les 40,2 % dans l’union européenne) ;
  • 99 % du PIB ! C’est le montant de la dette publique de la France soit 2 200 milliards d’euros, en augmentation de 68 % depuis 2000 ! (à comparer avec les 64 % de dette de l’Allemagne) ;
  • -2,6 %, c’est le déficit du budget national : depuis 1975 la France est en déficit permanent.

Un constat :

  • La France a le plus haut niveau de cotisations sociales d’Europe mais malgré cela… la pauvreté augmente et le chômage ne diminue pas.

Nos concitoyens sont touchés par une série de hausses en cascade qui grèvent considérablement leur pouvoir d’achat sans bénéficier pour autant de services publics performants (écoles, hôpitaux, sécurité…) ou sans qu’il y ait de baisse du chômage ou de la pauvreté, qui sont de véritables cancers pour notre société. De plus l’ascenseur social est bloqué et les inégalités ne se réduisent pas.

Les Français sont prêts à accepter l’impôt, mais il faut pour cela qu’ils en voient les effets bénéfiques dans leur vie de tous les jours et qu’il soit équitablement réparti.

La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 nous rappelle fort justement : art. 13 « … une contribution commune est indispensable, elle doit être également répartie entre tous les citoyens en raison de leurs facultés. » L’impôt levé, dont on ne voit pas la destination, est aujourd’hui devenu illisible. Il perd donc une grande partie de sa légitimité.

C’est pourquoi, les élus du Conseil municipal de Cagnes-sur-Mer :

  • COMPRENNENT l’exaspération des Français incarnée dans les « gilets jaunes »,
  • DÉNONCENT la pratique de l’impôt tout azimut sans retour visible pour la qualité de vie de nos concitoyens et l’amélioration des services publics,
  • APPELLENT le gouvernement de notre pays à engager, sans plus attendre, un vrai dialogue avec toutes les parties prenantes à commencer par les « gilets jaunes »,
  • SOUTIENNENT les polices nationale et municipale, la gendarmerie, l’armée et les sapeurs-pompiers dans leurs missions de protection de l’ordre républicains et condamnent avec la plus grande fermeté toutes les attaques dont ils ont pu être l’objet,
  • DÉNONCENT comme inadmissible toutes les violences contre les personnes et les biens ou les atteintes à la liberté constitutionnelle d’aller et venir ou toute entrave à notre économie locale déjà affaiblie,
  • APPELLENT enfin tous nos concitoyens au calme et au respect des valeurs républicaines à l’image des « gilets jaunes » de Cagnes, installés depuis 3 semaines sur le rond-point à l’entrée de l’autoroute, respectueux de leurs autres concitoyens et de la légalité.

De plus, à la demande de Louis Nègre, dès lundi 10, la ville de Cagnes-sur-Mer, met à la disposition des Cagnois un cahier de doléances pour que  chacun puisse exprimer ses souhaits, ses revendications et ses propositions. Cette initiative est effective en mairie principale ainsi que dans les mairies annexes du Cros-de-Cagnes, du Val Fleuri et du Haut-de-Cagnes. Le Cahier de doléances sera accessible au public durant les heures d’ouverture des mairies.